Jean-Luc Guionnet & Elizabeth Saint-Jalmes POINTS D'IMPOSTURE
POINTS D'IMPOSTURE
Installation

RETORS POINTS D’IMPOSTURE
En contrepoint de l’installation.
2011, création - Configuration 4.1


Les points d’imposture sont des hybrides de sons, d'images et de positions de corps, libres de statistiques — détachés du probable et de l'improbable. Utilisés pour orner des surfaces où des formes en suspension dans l'air peuvent trouver place. On y représente des entités, créées du caprice de la nature, ou simplement de quelque fantaisie exagérée : par exemple quand on les invente de biais, on arrive alors à suspendre à un fil très fin un poids qu'il ne peut supporter, ou transformer tel modèle en effusion de possibles, aussi les jambes d'unetelle ou d'untel en parasites électriques et encore quelques postures de corps en musiques utiles, mettant ainsi à jour une foule de déplacements et d'extravagances sans terme.
Si l’on décide de remplacer les organes par des lignes, la motivation est remplacée par le motif, la simple posture par une multitude de stratégies du moindre effort ; des espèces d'ondes et de plages sont strillées avec du son et de légères volutes, portant sans raison de petites figures assises. On voit encore des tiges terminées par des mains, d'où sortent des demi-figures, les unes avec des visages de femmes, d'autres sans visage, ou bien encore d'animaux que l'on regarde ou pas.
Or, ce sont là des impostures qui ne peuvent exister, et n'existeront jamais et leur prévalence, par la passivité du jugement, dépérit lentement. N'ayant plus à choisir puisque cela dure, songerait-on à confondre cette musique utile avec un simulacre ? En quoi l'usage de ces sons ustensilaires diffèrerait-t-il de l'usage de ceux, inutile à la subsistance ? Se placerait-on dans l'utilité comme l'escargot bave en traversant surfaces goudronnées et hostiles météo ? Ou bien l'imposture, par quelque stratégie redondante (ce qu'elle est de toute façon), chargerait-elle le temps de rendre tout possible ?
Mais considérant la besogne d'un peintre, on choisit l'endroit d'une paroi pour y loger la position de ce corps, position faite aussi bien du vide à l’entour que des conditions pour qu'elle soit d'utilité — n'ayant ordre, suite, ni proportion que fortuite : points d'imposture ou ornement sans nom.

installation video en collaboration avec Élizabeth Saint-Jalmes

 
Guionnet-SaintJalmes-


jeanlucguionnet.eu
elizabethsaintjalmes.com


 
Jean-Luc Guionnet

Saxophoniste et organiste, électro-acousticien, producteur radio et plasticien, Jean-Luc Guionnet agit dans différentes formations musicales qui se produisent dans de nombreux festivals.
Depuis 1998, il réalise des œuvres radiophoniques pour Radio France, a composé environ quarante œuvres électroacoustiques. Il est co-auteur de films et a publié des articles dans différentes revues françaises et internationales.

Agrégé d’arts plastiques en 1995, Jean-Luc Guionnet travaille sur la rumeur en philosophie et poursuit un travail de recherche hors du cadre universitaire.

Elizabeth Saint-Jalmes


Issue des arts plastiques, Elizabeth Saint-Jalmes expérimente dans les champs du dessin, de la sculpture et de la danse.
Elle collabore avec des artistes d'horizons divers pour questionner la relation du corps avec le son, le dessin, la lumière, la sculpture.
Les dispositifs mettant le corps à l'épreuve ont pour enjeu, en dévoilant l'imposture de la forme,de questionner la porosité des espaces.
Par ailleurs elle est engagée dans une action auprès de publics en marge.